La MAP (20)

Publié le par Bob Tazar

Rappel de l'épisode précédent

La marche au pas (ou MAP pour les initiés) est la seule manière de se déplacer autorisée pour les militaires lorsqu’ils sont regroupés en section et, comme le disait le camarade Desproges, le moyen de différencier l’homme de la bête qui, elle, ne marche pas au pas. A part l’oie.

Au signal du chef (« en avaaant »), l’aviateur se retire les doigts du cul (dixit Bambois) et prend son appel sur la jambe droite (tant pis pour lui s’il est gaucher). Il doit se tenir prêt.
Au deuxième signal (« mârche !!! »), appelé aussi deuxième commandement, l’aviateur lance dans un mouvement fluide et sans secousse son pied gauche vers l’avant, jarret tendu et talon arrogant, pour placer le dit pied à une distance d’environ 80 centimètres de son homologue, la mesure s’effectuant de la pointe du pied au dos du talon. L’aviateur porte en même temps subtilement le poids de son corps vers l’avant, ce qui a pour conséquence de lui permettre de poser à la fois le pied gauche à plat sur le sol, délicatement si possible, et de décoller le droit qui devrait à ce stade normalement se retrouver à l’arrière (si ce n’est pas le cas, il vaut mieux tout reprendre à zéro).
Puis, les commandements s’enchaînent. 

« Un ! » voit le pied droit, toujours dans un mouvement fluide et parfaitement maîtrisé, se porter à hauteur du pied gauche, puis le dépasser pour finalement se poser miraculeusement à même distance et de la même manière que ce qu’il a été expliqué pour l’autre pied.
A « deux ! », l’aviateur inverse le mouvement et doit porter à nouveau toute son attention sur son pied gauche. Attention, à ce stade de l’action, il est vain d’attendre le commandement « trois ! » de la part du chef, sauf si celui-ci a beaucoup d’humour. La troisième jambe n’intervenant pour ainsi dire jamais, c’est le commandement « un ! » (prononcé « hûnnn ! », avec un « h » haspiré) qui devrait retentir à nouveau. L’aviateur, émerveillé, se rend alors compte qu’il marche. Il ne lui reste plus qu’à faire gaffe à ne pas croiser les jambes.
 
Mais ce n’est pas tout. Il faudra également, pour faire plus sérieux, balancer le bras tendu simultanément à la jambe opposée, dans un mouvement si possible coordonné et en tous cas ininterrompu. Enfin, afin de s’encourager mutuellement et de faire plaisir au chef (qui sinon passerait pour un idiot, en train de brailler tout seul), il est fortement conseillé de scander à pleine voix les « hûnnne ! deux ! hûnnne ! deux ! » mobilisateurs.
Il est à noter qu’une dérogation exceptionnelle dispensant les aviateurs de hurler pourra être accordée, après une requête déposée en ce sens auprès du chef de corps, en cas de mouvement tournant destiné à prendre discrètement l’ennemi à revers.

Publié dans Chapitre 6

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FUXY, le renard 29/08/2008 06:21

Bonjour Bob,Je te souhaite la bienvenue dans la communauté "Les chroniques de la meute".Au plaisir de découvrir tes futurs billets....Amitiés,

Bob Tazar 30/08/2008 11:07


Merci à toi, FUXY,
et à bientôt dans les chroniques.
Amitiés.


MG 14/03/2008 16:18

Quel boulot ! Moi-même je viens de sortir un roman autobio sur mon service que j'ai effectué en 1997-98 à Besançon dans le Doubs. Bonne continuation

Bob Tazar 30/08/2008 11:14


Merci MG, et bonne chance à toi.


Eva83 28/10/2007 10:22

J'ai jamais compris l'intérêt de marcher au pas...

Bob Tazar 29/08/2008 02:15


Peut être parce qu'il n'y en a pas ?


sergen bambois 19/10/2007 14:39

rigol , rigol , mé atten que je tretrouve con de tazar

Bob Tazar 29/08/2008 05:44


Ici, on parle français, sergent !


Ross 04/10/2007 13:45

Excellent, aviateur Tazar ! J'attends la suite de vos aventures avec impatience...

Bob Tazar 29/08/2008 02:19


ça arrive, ça arrive ! Encore 2 tours de caserne en courant et je suis à vous !