Ma guerre

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Bienvenue à la B.A. 114 d'Aix-les-Milles.

Bob Tazar a vécu l'époque héroïque et bénie non pas des colonies mais du service militaire, dans des temps pas si lointains (1988) où nos casernes résonnaient encore de chants patriotiques à boire entonnés par de jeunes et fiers conscrits. Il a voulu faire partager son expérience aux jeunes générations qui n’ont pas eu et n’auront pas sa chance.
C’est ce témoignage nostalgique sur une époque glorieuse maintenant révolue qu’il nous livre ici, sous forme d'un extrait de son roman diffusé sur ce blog (la version complète et définitive de "Ma Guerre" étant réservée à l'édition papier, dès qu'un éditeur aura contacté l'auteur...).

Attention ! Comme dans tous les blogs, le premier article visible est le dernier publié. Il faudra donc commencer par la fin pour avoir le début. Que les handicapés du cortex et les militaires de carrière veuillent bien m'en excuser.

Une dernière chose: L'inscription à la Newsletter (avec option "Nouvel article") est bien sûr facultative, mais fortement recommandée. Corvée de chiottes pour tous ceux qui s'en dispenserait...

Rappel de l'épisode précédent

La marche au pas (ou MAP pour les initiés) est la seule manière de se déplacer autorisée pour les militaires lorsqu’ils sont regroupés en section et, comme le disait le camarade Desproges, le moyen de différencier l’homme de la bête qui, elle, ne marche pas au pas. A part l’oie.

Au signal du chef (« en avaaant »), l’aviateur se retire les doigts du cul (dixit Bambois) et prend son appel sur la jambe droite (tant pis pour lui s’il est gaucher). Il doit se tenir prêt.
Au deuxième signal (« mârche !!! »), appelé aussi deuxième commandement, l’aviateur lance dans un mouvement fluide et sans secousse son pied gauche vers l’avant, jarret tendu et talon arrogant, pour placer le dit pied à une distance d’environ 80 centimètres de son homologue, la mesure s’effectuant de la pointe du pied au dos du talon. L’aviateur porte en même temps subtilement le poids de son corps vers l’avant, ce qui a pour conséquence de lui permettre de poser à la fois le pied gauche à plat sur le sol, délicatement si possible, et de décoller le droit qui devrait à ce stade normalement se retrouver à l’arrière (si ce n’est pas le cas, il vaut mieux tout reprendre à zéro).
Puis, les commandements s’enchaînent. 

« Un ! » voit le pied droit, toujours dans un mouvement fluide et parfaitement maîtrisé, se porter à hauteur du pied gauche, puis le dépasser pour finalement se poser miraculeusement à même distance et de la même manière que ce qu’il a été expliqué pour l’autre pied.
A « deux ! », l’aviateur inverse le mouvement et doit porter à nouveau toute son attention sur son pied gauche. Attention, à ce stade de l’action, il est vain d’attendre le commandement « trois ! » de la part du chef, sauf si celui-ci a beaucoup d’humour. La troisième jambe n’intervenant pour ainsi dire jamais, c’est le commandement « un ! » (prononcé « hûnnn ! », avec un « h » haspiré) qui devrait retentir à nouveau. L’aviateur, émerveillé, se rend alors compte qu’il marche. Il ne lui reste plus qu’à faire gaffe à ne pas croiser les jambes.
 
Mais ce n’est pas tout. Il faudra également, pour faire plus sérieux, balancer le bras tendu simultanément à la jambe opposée, dans un mouvement si possible coordonné et en tous cas ininterrompu. Enfin, afin de s’encourager mutuellement et de faire plaisir au chef (qui sinon passerait pour un idiot, en train de brailler tout seul), il est fortement conseillé de scander à pleine voix les « hûnnne ! deux ! hûnnne ! deux ! » mobilisateurs.
Il est à noter qu’une dérogation exceptionnelle dispensant les aviateurs de hurler pourra être accordée, après une requête déposée en ce sens auprès du chef de corps, en cas de mouvement tournant destiné à prendre discrètement l’ennemi à revers.

Samedi 22 septembre 2007

Par Bob Tazar - Publié dans : Chapitre 6 - Voir les 6 commentaires - Ecrire un commentaire
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Commentaires

Une Mise Au Point bien militaire... avec explication assez poussé au paroxysme du ridicule pour une chose aussi naturelle que la marche.. Une bonne MAP est caractérisé par la simplicité du geste..
Commentaire n°1 posté par richard gehenot le 23/09/2007 à 17h12

Simplicité du geste, simplicité du geste... Il s'agit quand même de compter jusqu'à 2, et sans se tromper, encore !

Réponse de Bob Tazar le 29/08/2008 à 02h23
Excellent, aviateur Tazar !
J'attends la suite de vos aventures avec impatience...
Commentaire n°2 posté par Ross le 04/10/2007 à 13h45
ça arrive, ça arrive ! Encore 2 tours de caserne en courant et je suis à vous !
Réponse de Bob Tazar le 29/08/2008 à 02h19
rigol , rigol , mé atten que je tretrouve con de tazar
Commentaire n°3 posté par sergen bambois le 19/10/2007 à 14h39
Ici, on parle français, sergent !
Réponse de Bob Tazar le 29/08/2008 à 05h44
J'ai jamais compris l'intérêt de marcher au pas...
Commentaire n°4 posté par Eva83 le 28/10/2007 à 10h22
Peut être parce qu'il n'y en a pas ?
Réponse de Bob Tazar le 29/08/2008 à 02h15
Quel boulot ! Moi-même je viens de sortir un roman autobio sur mon service que j'ai effectué en 1997-98 à Besançon dans le Doubs. 
Bonne continuation
Commentaire n°5 posté par MG le 14/03/2008 à 16h18
Merci MG, et bonne chance à toi.
Réponse de Bob Tazar le 30/08/2008 à 11h14

Bonjour Bob,

Je te souhaite la bienvenue dans la communauté "Les chroniques de la meute".

Au plaisir de découvrir tes futurs billets....

Amitiés,

Commentaire n°6 posté par FUXY, le renard le 29/08/2008 à 06h21
Merci à toi, FUXY,
et à bientôt dans les chroniques.
Amitiés.
Réponse de Bob Tazar le 30/08/2008 à 11h07
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