Ma Guerre

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Le roman de MG

Bienvenue à la B.A. 114 d'Aix-les-Milles.

Bob Tazar a vécu l'époque héroïque et bénie non pas des colonies mais du service militaire, dans des temps pas si lointains (1988) où nos casernes résonnaient encore de chants patriotiques à boire entonnés par de jeunes et fiers conscrits. Il a voulu faire partager son expérience aux jeunes générations qui n’ont pas eu et n’auront pas sa chance.
C’est ce témoignage nostalgique sur une époque glorieuse maintenant révolue qu’il nous livre ici, sous forme d'un extrait de son roman diffusé sur ce blog (la version complète et définitive de "Ma Guerre" étant réservée à l'édition papier, dès qu'un éditeur aura contacté l'auteur...).

Attention ! Comme dans tous les blogs, le premier article visible est le dernier publié. Il faudra donc commencer par la fin pour avoir le début. Que les handicapés du cortex et les militaires de carrière veuillent bien m'en excuser.

Une dernière chose: L'inscription à la Newsletter (avec option "Nouvel article") est bien sûr facultative, mais fortement recommandée. Corvée de chiottes pour tous ceux qui s'en dispenserait...

Rappel chapitre précédent

La vision qui s’offre à moi est saisissante. Le pauvre bougre est figé dans un semblant de garde à vous tremblotant, les yeux exorbités en face des deux arrivants. Aucun son ne sort de sa bouche grande ouverte. Il est complètement paralysé.
- C’pour aujourd’hui ou pour d’main, bordel à cul ? l’encourage notre caporal-chef préféré, d’un ton amical qui fait trembler les vitres.
De légers spasmes agitent l’interpellé, blanc comme un, tu sais quoi ? linge.
Il semble sur le point de livrer son dernier soupir.

- Bon, ’va pas y passer la nuit, merdre. Alors, y s’appelle comment-y, ce chef de chambre, hein ?
Le caporal-chef a pris sa voix la plus douce pour poser cette question, ce qui personnellement me semble plutôt inquiétant mais qui, curieusement, semble mettre Martin en confiance.
- Meuh…, Meuh…, Martin…
- Aviateur Meumeumartin !
- Oui ?
- Non, faut que vous répétez !
- Av… av… aviateur M… Martin…
- A la bonne heure ! Chef de la chambre…
- …
- Chef de la chambre…
Littré indique du menton le numéro inscrit sur la porte encore tremblante.
- … 210 ?
- Xcellent !
Littré se tourne vers l’autre caporal, pour le prendre à témoin des progrès réalisés par sa recrue. Ils en profitent pour échanger le regard entendu des gens supérieurement intelligents.
- Et nensuite ?

Le ton commençant à devenir un petit peu moins conciliant, le caporal-chef Littré, après tout, n’étant pas là pour faire du social, quelques bons camarades commencent à souffler la suite à Martin, qui répète tant mal que bien.
- 2ième com… compagnie, 1ère sec… section
- Bravo ! Et puis donc ?
- Nombre d’a… aviateurs total : zé… zéro, a… aviateurs absents : huit…
- Ouais, ouais, c’est ça ! grogne Littré. Bon ! A vos ordres…
- …
- A vos ordres…
Le gros Littré semble sur le point d’imploser. Il tapote rageusement son épaulette, sous le nez du malheureux troufion de plus en plus repris de tremblements.
- A vos ordres, mon… mon… mon capitaine !

Un profond silence s’abat sur l’assemblée, que le caporal-chef Littré tente de mettre à profit pour déterminer si l’aviateur Martin se fout de sa gueule ou bien est complètement abruti.
Pour les béotiens des affaires militaires, dont je faisais partie quelques heures plus tôt, il faut quand même savoir qu’il y a à peu près autant de différence entre un caporal-chef et un capitaine qu’entre une fiente de mouette et une bouse de dromadaire. Mais ce n’est pas la seule différence, certaines personnes aguerries les différenciant également grâce à la présence sur leurs épaulettes de deux bandes oranges en V pour l’un, de trois bandes dorées horizontales pour l’autre. En fait, et pour être vraiment complet, le rôle du caporal-chef est de faire chier l’appelé, alors que le rôle du capitaine est de s’assurer que le caporal-chef remplit bien le sien.









- Bon, faudra m’apprendre tout ça ! finit par lâcher le gars Littré, en agitant sous le nez du pauvre Martin le splendide fascicule militaro-pédagogo-propagandiste.
- C’est que… je sais pas lire…
Nouvelle stupeur du caporal-chef, qui, arrivant, lui, à déchiffrer les gros titres du « Provençal » en à peine une minute pensait que c’était donné à tout le monde.
- Allons bon. V’z’êtes pas daltonien, au moins ? lui rétorque Littré, avec un grand sens de la répartie et en lui désignant les photos couleur.
- Non, je suis de Chalon.


Dimanche 21 janvier 2007
- Par Bob Tazar - Publié dans : Chapitre 3 - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire

L'appel, avec en guest-star l'aviateur Martin chef de chambrée et dans le rôle principal le sinistre caporal-chef Littré, c'est le 20 janvier à 21h, en direct de la chambre 210 et en exclusivité.
Ne ratez pas ce grand moment de communion militariste en réservant votre place auprès du secrétariat de l'office des spectacles de la BA 114.


Vendredi 19 janvier 2007
- Par Bob Tazar - Publié dans : Divers - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire

Mais Martin ne parle toujours pas. N’y tenant plus, je prends le risque de me tourner vers lui...

Pourquoi l'aviateur Martin ne parle-t-il pas ?
Va-t-il finalement tenir son rôle ?
Comment va se dérouler l'appel ?
Envoyez vos suggestions avant le 20 janvier...


Mercredi 17 janvier 2007
- Par Bob Tazar - Publié dans : Divers - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
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